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L’équité sociale est essentielle au succès du nouveau système d’échange de quotas d’émission (ETS2) de l’UE.

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L’équité sociale est essentielle au succès du nouveau système d’échange de quotas d’émission (ETS2) de l’UE.
Photo de Walter Martin sur Unsplash

L’introduction du deuxième système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE2) pour les secteurs du transport routier et du bâtiment contribuera à dynamiser les ambitions de décarbonation de l’Europe, en accélérant la transition vers des carburants et des technologies plus propres. Selon deux notes d’information de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publiées aujourd’hui, un soutien financier rapide aux ménages et aux entreprises vulnérables, la cohérence des politiques, un fort soutien public, la transparence et une communication claire seront essentiels à son succès.

Les notes d'information de l'EEA examinent les opportunités et les défis liés à l'introduction du SEQE2 pour le secteur du transport routier et  le secteur du bâtimentLe système ETS2 vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant de la combustion de carburants dans les bâtiments, les transports routiers et d'autres secteurs comme la petite industrie non couverts par le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS1).

L'équité sociale au cœur d'ETS2 

Les notes d'information soulignent que les efforts visant à garantir une transition juste doivent être au cœur du déploiement du nouveau système de plafonnement et d'échange de quotas d'émission afin de répondre aux préoccupations du public concernant les prix des carburants et les coûts de mobilité. L'extension du système de plafonnement et d'échange de quotas d'émission de l'UE aux transports, au bâtiment et à d'autres secteurs aura un impact financier direct sur les ménages et les utilisateurs de véhicules à moteur thermique, car elle affectera directement les prix des combustibles fossiles utilisés pour le chauffage et les déplacements quotidiens. Cet impact pourrait également être disproportionné pour les ménages et les régions les plus modestes.  

Le Fonds social et climatique de l'UE, financé par les recettes du SEQE-2, vise à atténuer ces impacts et à relever les défis financiers, tout en garantissant que l'équité sociale soit au cœur du nouveau système de plafonnement et d'échange de quotas d'émission. Ce fonds servira à soutenir les ménages et les petites entreprises et à financer des investissements visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles. 

Impact sur les transports et les bâtiments 

Le nouveau système de plafonnement et d'échange de quotas d'émission étendra la tarification du carbone aux carburants utilisés pour le transport routier afin d'inciter à la transition vers les véhicules électriques et de promouvoir une mobilité plus économe en énergie.  

L’extension du principe de tarification du carbone au transport routier, associée à d’autres politiques et mesures sectorielles (normes, réglementation, information, sensibilisation, etc.), devrait constituer une incitation supplémentaire pour accélérer la transition vers des carburants et des technologies plus propres, indique la note d’information. 

Le transport est non seulement la principale source d'émissions dans l'UE, mais aussi l'un des secteurs les plus difficiles à décarboner. Il reste dépendant à 93 % des énergies fossiles. Les émissions du transport routier n'ont diminué que de 4.4 % entre 2005 et 2023, bien moins que la réduction de 48 % enregistrée dans les secteurs soumis au système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-1). Les progrès en matière d'efficacité énergétique (notamment depuis 2009, date d'adoption d'objectifs de réduction des émissions obligatoires pour les voitures neuves vendues dans l'UE), le recours accru aux biocarburants et la hausse des ventes de véhicules électriques ont contribué à la réduction des émissions, mais ces gains ont été largement compensés par la demande croissante de mobilité et de transport de marchandises. 

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'utilisation de combustibles fossiles dans les bâtiments (y compris résidentiels) ont diminué de 37 % en 2023 par rapport à 2005 grâce à l'isolation, aux chaudières efficaces et à des hivers plus doux.  

Cependant, les bâtiments résidentiels représentent encore environ 75 % de la consommation d'énergies fossiles pour le chauffage. Pour réduire davantage ces dépenses, il est nécessaire d'accélérer les rénovations et le déploiement rapide des énergies renouvelables et des pompes à chaleur. 

L’extension de la tarification du carbone à l’utilisation des combustibles fossiles dans les bâtiments vise à encourager et à accélérer les efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique, de rénovation et de chauffage propre. Cependant, l’inclusion des bâtiments dans le système d’échange de quotas d’émission de 2e génération (SEQE-2) a suscité des inquiétudes quant aux coûts de chauffage et aux conséquences sociales, notamment pour les ménages vulnérables. Des politiques européennes et nationales complémentaires – telles que des normes de construction, des informations sur les performances énergétiques des bâtiments, des incitations fiscales, ainsi que des instruments financiers ciblés et des services de conseil destinés aux groupes sociaux concernés – seront essentielles pour maximiser la réduction des émissions tout en garantissant une transition juste et équilibrée. 

Présentation 

Les notes d'information de l'EEA sont basées sur le rapport du Centre thématique européen : Rapport ETC CM 2025/09 : Système d’échange de quotas d’émission de l’UE2 et Fonds social pour le climat : Permettre une décarbonation des transports et des bâtiments qui profite à tous

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