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Mohammed ben Zayed : Une force tranquille au cœur de la tempête

Tribune libre d'Isaac Hammouch : Dans un Moyen-Orient marqué par les fractures, les rivalités et les guerres par procuration, rares sont les États capables de conjuguer sécurité, stabilité et projection stratégique. Encore plus rares sont les dirigeants…

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Mohammed ben Zayed : Une force tranquille au cœur de la tempête

Tribune libre d'Isaac Hammouch

Dans un Moyen-Orient marqué par les fractures, les rivalités et les guerres par procuration, rares sont les États capables de conjuguer sécurité, stabilité et rayonnement stratégique. Plus rares encore sont les dirigeants qui parviennent à transformer une période de tension en levier d'influence. Aujourd'hui, les Émirats arabes unis incarnent précisément cette singularité. Et au cœur de cette équation se trouve un homme : Mohammed ben Zayed Al Nahyan.

Il faut le dire clairement : les Émirats arabes unis ne vivent pas sous un voile de protection. Ils sont vulnérables. Ces derniers mois, des attaques de missiles et de drones ont ciblé des infrastructures sensibles, notamment des zones proches des aéroports et des installations stratégiques. La menace est bien réelle. Elle s’inscrit dans un contexte plus large d’escalade des tensions régionales, impliquant particulièrement l’Iran et ses réseaux. Il ne s’agit pas d’une instabilité abstraite, mais d’une pression concrète, visible et indéniable.

Et pourtant, c'est précisément là que se manifeste la singularité émiratie.

Contrairement aux discours alarmistes qui circulent sur les réseaux sociaux — prédisant des départs massifs, un effondrement économique ou une perte de confiance généralisée —, les faits racontent une tout autre histoire. Une histoire de résilience, de maîtrise et, surtout, de continuité.

En 2025, l'économie des Émirats arabes unis a enregistré une croissance comprise entre 3.5 % et 4 %, tirée principalement par les secteurs non pétroliers, qui représentent désormais plus de 70 % du PIB. À Dubaï, la croissance s'établit à environ 3.3 %, soutenue par les excellentes performances des secteurs de la finance, du tourisme, de la logistique et des technologies. Autrement dit, même sous la pression sécuritaire, le moteur économique ne ralentit pas ; il s'adapte et se transforme.

Les indicateurs démographiques et économiques contredisent les affirmations d'un exode massif. La population des Émirats arabes unis dépasse désormais les 10 millions d'habitants, avec une augmentation nette du nombre de résidents étrangers qualifiés. Le marché immobilier, loin de s'effondrer, a même enregistré des hausses de prix de 15 à 20 % dans certains des quartiers les plus prisés de Dubaï. Dans toute économie déstabilisée par un conflit, de tels indicateurs seraient en forte baisse. Ici, ils sont à la hausse.

Le secteur du tourisme confirme cette image de force. Avec plus de 17 millions de visiteurs internationaux attendus en 2024, Dubaï ne se vide pas ; au contraire, elle attire. Les taux d’occupation des hôtels dépassent régulièrement les 75 à 80 %, plaçant l’émirat parmi les destinations les plus dynamiques au monde, même dans un contexte régional tendu.

Sur le plan financier, les Émirats arabes unis continuent d'attirer plus de 20 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an, tandis que leurs fonds souverains – parmi les plus importants au monde – gèrent plus de 1 500 milliards de dollars d'actifs. Cette solidité financière constitue un atout stratégique, capable d'absorber les chocs externes sans déstabiliser l'économie.

Ce contraste saisissant entre un climat sécuritaire tendu et une forte performance économique n'est pas le fruit du hasard. Il résulte d'une stratégie délibérée.

Sous la direction de Mohammed ben Zayed, les Émirats arabes unis ont adopté un modèle fondé sur la maîtrise plutôt que sur la réaction. Les attaques n'ont pas provoqué de panique. Au contraire, elles ont conduit à un renforcement des capacités de défense, à une coordination plus étroite avec les partenaires internationaux et, surtout, à une gestion rigoureuse de l'information et de la perception. L'objectif est clair : contenir la menace sans perturber le fonctionnement du pays.

Dans le même temps, la diversification économique se poursuit à un rythme accéléré. Les investissements dans l'intelligence artificielle, les technologies de pointe, les énergies renouvelables et la finance numérique sont en pleine expansion. Les Émirats arabes unis ne subissent pas la crise ; ils l'intègrent à leur stratégie de transformation.

Il ne faut pas sous-estimer l'importance de ce modèle. Dans de nombreux pays, des frappes de missiles sur des infrastructures critiques suffiraient à provoquer une fuite des capitaux, une perte de confiance et un ralentissement économique. Aux Émirats arabes unis, c'est l'inverse qui se produit : la stabilité perçue se renforce, la confiance se maintient et l'attractivité du pays demeure.

Cela est rendu possible par une réalité simple mais déterminante : l’État émirati fonctionne comme un système cohérent, où sécurité, économie et diplomatie sont alignées. Cette cohérence lui permet d’absorber les chocs sans se désorganiser.

Dans ce contexte, Mohammed ben Zayed se distingue comme un dirigeant d'un genre particulier. Ni théâtral ni idéologique, il incarne un leadership discret, fondé sur la constance, la discipline et une vision à long terme. Là où d'autres réagissent, il anticipe. Là où d'autres sont dépassés, il structure.

Les Émirats arabes unis offrent ainsi une autre vision du Moyen-Orient : celle d’un État capable de rester stable sous pression, d’agir efficacement en période de tension et de maintenir ses ambitions malgré l’incertitude.

À l'heure où les équilibres régionaux et mondiaux se redessinent, une chose est claire : les Émirats arabes unis ne reculent pas. Ils progressent. Et Mohammed ben Zayed, au cœur de la tourmente, en trace la voie.

Isaac Hammouch

Journaliste et écrivain belgo-marocain

Auteur de plusieurs livres et articles d'opinion, il se concentre sur les questions de société, la gouvernance et les transformations qui façonnent le monde contemporain.