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Les plafonds de vitamines de l'UE doivent protéger la santé publique et non aggraver la crise des carences en Europe.

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Les plafonds de vitamines de l'UE doivent protéger la santé publique et non aggraver la crise des carences en Europe.

ANH Europe avertit que des limites excessivement basses en vitamines et minéraux pourraient rendre plus difficile la résolution des carences généralisées en micronutriments.

AMSTERDAM, 2 avril 2026 — Alors que la pression s'accentue sur la Commission européenne pour qu'elle introduise enfin des niveaux maximaux harmonisés pour les vitamines et les minéraux dans les compléments alimentaires, l'Alliance pour la santé naturelle (ANH) Europe avertit que des règles mal conçues pourraient transformer un exercice de sécurité en une erreur de santé publique.

La question est restée en suspens depuis l'adoption de la directive sur les compléments alimentaires en 2002. Mais en décembre 2025, l'Allemagne, soutenue par un grand nombre d'États membres, a exhorté la Commission à mener à bien ce processus en priorité, en vue de fixer des niveaux maximaux en 2026.

ANH Europe affirme que la question centrale n’est pas de savoir si la sécurité importe — elle importe — mais si les organismes de réglementation adopteront un modèle excessivement restrictif qui se concentre uniquement sur la prévention des apports élevés sans tenir compte du fardeau sanitaire bien réel que représentent les faibles apports.

En Europe, les carences en micronutriments restent fréquentes. L'insuffisance en vitamine D est répandue, surtout en hiver et chez les populations vulnérables. La carence en fer demeure un problème important chez les femmes en âge de procréer. L'Europe n'a pas non plus adopté l'enrichissement obligatoire en acide folique, contrairement à d'autres pays qui ont constaté une forte diminution des anomalies du tube neural. La carence en vitamine B12, notamment chez les personnes âgées et celles qui suivent un régime végétalien, reste une préoccupation majeure.

« Les politiques de santé publique doivent protéger les citoyens à la fois contre les excès et les carences », a déclaré Marga Verspagen, conseillère et administratrice de ANH Europe. « Si les limites maximales sont fixées trop bas, elles risquent de restreindre l’accès à des compléments alimentaires dont beaucoup dépendent pour maintenir ou retrouver un apport nutritionnel suffisant. Ce ne serait pas une réglementation proportionnée, mais une réglementation préjudiciable. »

ANH Europe souligne que la législation européenne exige déjà une approche plus globale que la simple application de seuils de sécurité stricts. Aux termes de l'article 5 de la directive 2002/46/CE, les quantités maximales doivent tenir compte des seuils de sécurité, des apports provenant d'autres sources alimentaires et des apports de référence pour la population. Autrement dit, le cadre juridique vise à protéger la santé dans son ensemble, et non pas seulement à prévenir les surdosages.

L'organisation plaide pour une approche proportionnée et fondée sur des données scientifiques, reflétant les besoins nutritionnels réels. Celle-ci devrait inclure une gestion des risques prenant en compte la prévalence des carences et leur impact sur la santé publique, des procédures transparentes pour l'accès aux produits à dose plus élevée lorsque cela est justifié, et des systèmes de nutrivigilance renforcés afin que les politiques mises en œuvre tiennent compte des résultats concrets et non de simples considérations théoriques.

À mesure que l’UE se rapproche d’une action concrète, elle doit éviter le piège qui consiste à réglementer les vitamines comme si le seul risque était l’excès. a ajouté Nick van Ruiten, directeur de ANH Europe. « Le plus grand danger serait peut-être de rendre les carences communes encore plus difficiles à corriger. »