Il ne s'agit pas d'un élément de design anodin, mais d'une invention ingénieuse du passé destinée à se prémunir contre les voleurs astucieux. Heureusement, cette mesure technologique a perduré jusqu'à nos jours.
À quoi servent les bords dentelés des pièces de monnaie ? Jusqu’au milieu du XXe siècle, la valeur faciale de nombreuses pièces correspondait littéralement à la valeur du métal qui les composait. Par exemple, les premiers dollars américains, émis en 1794, étaient composés à près de 90 % d’argent. La valeur nominale de ce métal a donné naissance à une méthode courante de fraude : la contrefaçon de pièces.
Les fraudeurs découpent soigneusement une fine couche de métal sur tout le pourtour de la pièce. Si l'opération est suffisamment minutieuse, la taille et le poids restent visuellement presque inchangés. Le criminel peut alors se rendre au marché et payer avec cette pièce, comme si de rien n'était, puis fondre et revendre les lingots d'argent ou d'or ainsi obtenus.
Pour enrayer ce vol imperceptible, on commença à appliquer un relief spécial sur les bords, appelé bord dentelé. Le bord est en réalité le côté de la pièce. Le mot lui-même est d'origine allemande, dérivé de Gurt, qui signifie « ceinture » et « sangle ». L'idée se révéla incroyablement efficace, car si le bord dentelé était abîmé ou coupé net, tout commerçant pouvait immédiatement déceler la fraude.
Entre autres, le célèbre physicien Isaac Newton, après être devenu directeur de la Monnaie royale de Grande-Bretagne en 1696, a activement introduit cette méthode pour lutter contre les contrefacteurs, bien que des technologies similaires aient été utilisées en Europe depuis le XVIe siècle.
Pourquoi certaines pièces de monnaie ont des bords lisses
Production de pièces à la Monnaie américaine : Si les stries sont si utiles, on peut légitimement se demander pourquoi certaines pièces n'en ont pas. Par exemple, les cents et les nickels américains, ainsi que de nombreuses petites pièces d'autres pays, notamment européens, ont traditionnellement des bords parfaitement lisses. C'est ce dont parlent les auteurs du portail Mental Floss.
La réponse est purement économique. Les pièces de faible valeur étaient initialement frappées à partir de métaux bon marché ; leur frappe ne représentait donc pas un investissement judicieux. Le coût du temps perdu et le risque d'être découvert augmentaient considérablement le prix des déchets de cuivre extraits. Le profit potentiel étant quasi nul, il n'était pas nécessaire de protéger ces pièces par un relief complexe.
Pourquoi les pièces de monnaie ont-elles encore des bords aujourd'hui ?
Les ouvriers de la Monnaie américaine de Philadelphie, où le processus de frappe et d'application des bords en relief sur les pièces était autrefois un travail manuel pénible, travaillaient aujourd'hui. Au milieu du XXe siècle, face à une pénurie mondiale d'argent, les gouvernements commencèrent à se désengager de l'émission de monnaie en métal précieux. Aux États-Unis, cette décision fut officialisée par la loi sur la monnaie de 1965, qui réduisit progressivement à zéro la teneur en argent des pièces en circulation. La menace de la contrefaçon appartint enfin au passé, mais les bords cannelés furent conservés.
Le procédé de frappe consiste à frapper le lingot de métal à l'aide d'un outil spécial, le poinçon, et à le maintenir en place grâce à un anneau de frappe. C'est cet anneau qui forme la tranche. Lorsque les ateliers monétaires sont passés aux alliages bon marché, les autorités ont décidé de ne pas investir de fonds publics dans de nouvelles machines et matrices. L'ancien matériel a continué à fonctionner, apposant le motif protecteur, devenu superflu, sur les flans en cupronickel.
Par la suite, cette méthode de production est devenue la norme, conférant ainsi à l'ancienne méthode une nouvelle fonction sociale. Grâce à la texture différente des bords de la pièce, munie d'un œillet, il est beaucoup plus facile de reconnaître la valeur des pièces au toucher, sans avoir à les mélanger entre elles. 49428
Combien de rainures y a-t-il sur les bords des pièces de monnaie ?
Les stries sur la tranche des pièces ne sont pas un hasard et ont été inventées il y a longtemps. Si vous examinez attentivement quelques petites pièces, vous constaterez que le nombre et la largeur de ces stries varient. Historiquement, ce paramètre n'était pas réglementé par la loi ; chaque atelier monétaire avait donc ses propres spécifications.
Au XIXe siècle, cela a engendré des différences visuelles notables. Par exemple, les pièces de dix cents frappées à l'atelier monétaire du Cap, aujourd'hui fermé, ne comportaient que 89 rainures relativement larges. L'atelier de Philadelphie, quant à lui, a produit au fil des ans des pièces similaires avec 113 rainures fines et rapprochées.
Aujourd'hui, la production est standardisée. Les exigences officielles concernant le nombre de rainures sur les pièces américaines modernes sont les suivantes :
Dix cents — 118 rainures ; Quart de dollar — 119 rainures ; Demi-dollar — exactement 150 rainures ;
Quelle est la place de l'euro en Europe ?
1 centime – Pièce très petite et légère. Tranche lisse. 2 centimes – Tranche lisse avec une dépression centrale présente sur tout le pourtour. 5 centimes – Plus grande que la pièce de 10 centimes, tranche parfaitement lisse. 10 centimes – Plus petite que la pièce de 5 centimes, tranche dentelée sur tout le pourtour. 20 centimes – De taille moyenne, tranche unique en forme de « fleur espagnole ». Lisse avec 7 creux, dont plusieurs sont facilement perceptibles au toucher. 50 centimes – Plus grande que la pièce de 1 euro. Tranche dentelée sur tout le pourtour. 1 euro – Plus petite que la pièce de 50 centimes. Tranche discontinue. Elle présente des zones finement dentelées alternant avec des zones lisses, ce qui la rend facilement reconnaissable. 2 euros – La pièce la plus grande et la plus lourde. Tranche dentelée avec des caractères finement gravés.
Photo d'illustration : pexels-eleonora-vokueva-2161345723-37416563
